Communion rugballistique malgré moi
le mardi, octobre 16 2007, 16:02 - Lien permanent
Je ne regarde jamais les matchs. J’ai autre chose à faire, en général, je comprends rien au rugby et puis vraiment, je m’en fiche. Mais samedi dernier,
- on était samedi soir (et chacun sait que le samedi, il faut sortir)
- c'était une demi finale de coupe du monde (et chacun sait que « c’est un match super important chérie ! »)
- les enfants sont casés pour la soirée (et chacun sait que ça n'arrive pas assez souvent pour pouvoir louper une occasion de sortir)
En somme, que des bonnes excuses pour ne pas passer la soirée à travailler mes cours comme je me l’étais promis !
Me voilà donc dans le sous-sol d’un pub irlandais, 100m² et plafond à 1m80 maximum, entassée avec au moins 300 autres personnes, lesquelles autres personnes sont en général porteuses d’une pinte de bière au bout d’un bras et d’une cigarette allumée au bout de l’autre, le tout dans un air brûlant et irrespirable. Je suis juchée sur une table, à la recherche d’un semblant d’espace vital, je fixe l’arrière de la nuque d’un grand brun qui me cache l’écran sur lequel se déroule le match et j’essaie d’éviter de penser à qu’est-ce qu’on va faire si y a le feu (parce que la réponse évidente c’est qu’on va tous cramer oh mon dieu vite pense à autre chose j'ai peur).
Le match commence (enfin !) et j’observe. Le match lui-même, vous l’aurez compris, je m’en fiche pas mal. Mais le comportement des supporters… Wow. Très instructif. La communication de foule, la fraternité spontanée, les déceptions et joies amplifiées par la présence du groupe. Tout cela m’a donné envie d’aborder rapidement la psychologie des groupes.
J’ai été particulièrement frappée par la manière dont les émotions se communiquaient à l’intérieur du groupe. A un moment, peut-être 20 minutes avant la fin du match, je me suis rendue compte malgré moi, j’avais été sensible à la tension palpable dans la pièce alors même que le résultat ne m'importait pas du tout : j’avais le cœur qui battait la chamade et je sentais l’adrénaline pulser dans mes doigts.
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