Ce matin j’écoutais sur mon iPod John Kilstrom, professeur à Berkeley, donner un cours sur la mémoire. Juste pour résumer les bases évoquées dans le cours, il y a 3 processus différents qui entre en compte dans le fait qu’on se souvienne ou pas de quelque chose :

  • L’encodage, c'est-à-dire l’analyse et la transformation d’un stimulus en images mentales
  • Le stockage en mémoire des informations encodées
  • La récupération des informations en mémoire

Un étudiant dans la salle pose une question concernant ce qui se passe dans le cas d’un traumatisme : qu’est-ce qui fait que des personnes souffrant de stress post traumatique ne se souviennent pas de certains événements d’un traumatisme ? Et là John Kilstrom répond en disant que ça peut venir des 3 processus évoqués ci-dessus :

  • Parfois lors du trauma certaines informations ne sont pas encodées. C’est le cas par exemple des victimes de hold-up : elles se souviennent parfaitement du pistolet mais pas du tout de la tête de leur agresseur, parce qu’elles étaient tellement obnubilées par l'arme qu'elles n'ont donc pas analysé et transformé le visage en images mentales. Elles ne peuvent donc pas s’en souvenir.
  • Parfois lorsque la victime est très jeune, les processus de stockage ne sont pas encore tout à fait fonctionnels.
  • Parfois, cela peut aussi venir d’un défaut au niveau du processus de récupération : l’information est là, mais on n’arrive pas à y accéder. Et là John Kilstrom dit « Freud avait une théorie sur le sujet, le refoulement, mais finalement, il y a peu de preuves expérimentales pour soutenir cette théorie ».




Heu...
Ah bon ?

Déjà, c’est bien la première fois que j’entends ou je lis une mise en relation entre la psy cognitive et la psy clinique ! J’en suis qu’au tout début donc je n’ai évidemment pas lu grand chose, mais cela ne me semble pas courant. Pour l’instant j’ai l’impression que la psy expérimentale (cognitive, sociale ou autre), dont la théorie est basée et vérifiée par des expériences contrôlées, est dans un tout autre silo que la psy clinique, dont la théorie est élaborée à partir de cas cliniques.

On entend tout de même très fréquemment parler de refoulement ici et là. C’est passé dans le langage courant et on le lit dans tout magazine féminin qui se respecte, mais je l’ai aussi entendu (ou lu) de la bouche de psychologues cliniciens. S’il y a peu de preuves expérimentales, c’est peut-être simplement parce qu’il faut plus d’expériences. Mais.. et si c’était tout simplement parce que la théorie est fumeuse ?

C’est quelque chose qui me pose sérieusement question, d’autant plus que je poursuis une analyse transactionnelle. Tout ce que j’entends parler de la théorie d’Eric Berne me « parle », et la thérapie m’est très bénéfique. Mais j’aimerais tout de même approfondir la théorie, et voir si les expériences contrôlées infirment ou confirment la théorie analytique et pourquoi.

Si vous avez des idées d’auteurs ou de pistes de réflexion, faites-moi signe dans les commentaires.