L’autre jour, j’écoutais la radio distraitement dans la cuisine, mon fils cadet à côté, en train de prendre son petit déjeuner. Tout à coup, au bord des larmes, il s’exclame : « Maman, y a trois soldats qui sont partis à la guerre ! »

Hein ?

J’écoute ce que dit le reportage et ça parle des deux poilus qui restent après que l’autre soit mort.. Ils racontent l'histoire de comment ils sont partis à la guerre. Et mon fils continue : « Mais ils peuvent mourir s’ils vont à la guerre, c’est trop triiiiste ! ». Et la larme qui menace toujours de couler.

Je coupe la radio en disant : « Tu sais, ils racontent une histoire qui s’est passé il y a longtemps. Mais c’est vrai qu’on peut mourir à la guerre. C’est pour ça qu’il faut jamais faire la guerre. »
- « Oui t’as raison maman, la guerre c’est pas bien. »
(Eh oui, il a 3 ans, ce qui fait que j'ai souvent raison, selon lui ! )

Quelques minutes plus tard je réfléchis à cet épisode et je me dis que ça doit être comme ça que les préjugés s’installent, ces préjugés qui guident sans qu’on s’en rende compte notre manière de réagir et de réfléchir. J'ai hâte d'étudier les préjugés en cours. Parce que je suis persuadée que ma réponse n’est qu’une réponse automatique qui vient de mon idéal pacifiste tout-le-monde-il-est-beau-tout-le-monde-il-est-gentil, que je suis allègrement en train de transmettre à mes enfants.

Après tout, je suis sûre que d’autres parents auraient répondu autrement, aidant à forger d’autres préjugés sur la guerre :

  • Version réaliste : « Oui c’est dur la guerre, mais c’est nécessaire parfois. »
  • Version patriote : « Non c'est pas triste. C’est important de savoir mourir pour défendre son pays parfois. Les familles de ces soldats doivent être fières ! »
  • Version refoule-tes-émotions : « Mais non, ils vont pas mourir. N’y penses plus, t’inquiètes pas. »
  • Version froide : « Tu sais, les soldats, c’est leur boulot de faire ça. »

Et vous, quels préjugés avez-vous sur la guerre ? Comment auriez-vous répondu à mon fils ?